
Section 99
De S. Craig Zahler
2017
Action / Policier
2h12
Synopsis
Bradley est un ancien boxeur dont le mariage s'effondre va également perdre son travail comme mécanicien. Il devient alors coursier pour un trafiquant de drogues.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
3 avisJ’ai vite senti venir un récit carcéral à la Bronson, où le personnage entre en prison pour quelques années mais où on comprend rapidement que ça va aller de mal en pire, jusqu’à une spirale sans retour. Du coup c’est un peu plombant dès le départ, parce que malgré sa violence extrême, le personnage reste attachant et on ressent une vraie empathie pour lui, ce qui rend sa trajectoire encore plus lourde à suivre. J’ai bien aimé la mise en place. Dès le début, le personnage est accablé par les événements, mais le récit prend son temps. Il n’y a rien de spectaculaire au sens classique, peu d’action impressionnante, et c’est justement ce contraste avec la suite qui fonctionne. Zahler a vraiment une gestion du rythme très particulière : il colle des tempos ultra lents à des récits glauques, violents et malsains, ce qui crée une atmosphère profondément dérangeante. On retrouve aussi sa manière très spécifique de filmer la violence. Les affrontements ne cherchent pas le réalisme fluide, c’est mécanique, robotique, froid. La violence est exacerbée, détaillée, parfois ultra gore, et on voit clairement une continuité avec ce qu’il fera plus tard dans Dragged Across Concrete. Le personnage incarné par Vince Vaughn est assez fascinant. D’un calme olympien face à des situations atroces, presque indestructible, loyal jusqu’au bout de ses convictions quitte à en mourir. Son mélange de froideur et de brutalité le rend impressionnant, parfois même flippant, mais il conserve une dimension profondément humaine qui crée un vrai attachement, notamment dans les sacrifices qu’il accepte pour protéger ceux qu’il aime. Là où je reste un peu mitigé, en plus du ressenti pesant et fataliste, c’est dans la mécanique du récit. Tout s’enchaîne un peu trop facilement : Bradley veut aller à la prison de Redleaf, alors il fracasse quelques gardiens et il y va, une fois là-bas il veut changer de secteur, il fracasse de nouveau quelques gardiens et idem, ça paraît un peu trop évident. Je pense que c’est totalement volontaire, ça vient renforcer le côté fataliste et mécanique, et Zahler semble savoir exactement ce qu’il fait, mais ça m’a personnellement un peu sorti de l’immersion. C’est encore une fois radical, très noir, une œuvre qui ne cherche pas vraiment à séduire et qui confirme le style très particulier de Craig Zahler.














