
The Barber : l'homme qui n'était pas là
De Joel Coen
2001
Policier / Drame
1h56
The Barber : l'homme qui n'était pas là
De Joel Coen
2001
Policier / Drame
1h56
6,9/10
3,8/5
Presse3,8/5
Spect.Synopsis
Durant l'été 1949, dans une petite ville du nord de la Californie, Ed Crane soupçonne sa femme Doris de le tromper avec son patron. Un jour, il fait la rencontre d'un voyageur de commerce qui lui propose de faire fortune. Pour cela, Ed devra s'exercer au chantage et aux pratiques les plus illicites.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
7 avisSûrement le film le plus austère et mélancolique des frères Coen. La première chose qui frappe, c’est l’image avec ce noir et blanc d’une maîtrise impressionnante. La photographie est tout simplement somptueuse. Ombres profondes, visages sculptés par la lumière, compositions millimétrées. 25 ans plus tard, le film n’a rien perdu de sa puissance visuelle. Ce noir et blanc épouse parfaitement le ton du récit, à la fois empathique, distant et tragique. Le casting est une magnifique réunion d’acteurs : Billy Bob Thornton, Frances McDormand, James Gandolfini et une toute jeune Scarlett Johansson. Thornton est particulièrement bouleversant. Son Ed Crane, mutique, effacé, presque transparent, semble glisser à côté de sa propre existence. Le noir et blanc lui va à merveille et il devient littéralement un homme d’ombre. Sa destinée est profondément tragique. Ed n’a jamais vraiment choisi quoi que ce soit. Il subit, observe, laisse faire. Et lorsque, pour une fois, il décide d’agir, cela déclenche un effet boule de neige incontrôlable qui détruit tout autour de lui. Comme si l’univers lui refusait même le droit à la revanche et à l’initiative. Le film est d’un fatalisme écrasant. Rien de positif ne survient pour lui, et chaque tentative d’échappée ne fait qu’aggraver la situation. Le rythme est lent, presque monotone. Il n’y a pas de pics de tension ni de suspense prenant. Juste une mécanique implacable, froide, qui avance vers l’inévitable. On dresse le portrait d’un fantôme. Un homme qui n’a jamais vraiment compté, qui n’a jamais pleinement vécu, et dont le passage sur terre semble condamné à l’oubli. Cette absence d’espoir, cette trajectoire sans lumière, me laisse un sentiment mitigé tellement elle est plombante. Mais j’imagine que c’est aussi ce qui fait la singularité du film.


















