Marie Stuart
2001
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Stefan Zweig
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Summary
Reine d'Ecosse à l'âge de six jours, en 1542, puis reine de France à dix-sept ans par son mariage avec François II, Marie Stuart est un des personnages les plus romanesques de l'histoire. Veuve en 1560, elle rentre en Ecosse et épouse lord Darnley. Déçue par ce mariage, elle devient la maîtresse du comte de Bothwell. Lorsque ce dernier assassine Darnley, l'horreur est telle qu'elle doit se réfugier auprès de sa rivale, Elisabeth 1re reine d'Angleterre. Celle-ci la retiendra vingt ans captive, avant de la faire condamner à mort. Son courage devant le supplice impressionnera les témoins, au point de métamorphoser celle que l'on disait une criminelle en une martyre de la foi catholique... Sur cette figure fascinante et controversée de l'histoire britannique, le biographe de Marie-Antoinette et romancier de " Vingt-quatre heures de la vie d'une femme " a mené une enquête rigoureuse, se livrant à une critique serrée des documents et des témoignages. Ce récit passionné nous la restitue avec ses ombres et ses lumières, ses faiblesses et sa grandeur.
Avis et Commentaires
16 avisnotes de lecture Marie Stuart Stephan Zweig Mais de tout le temps, la politique a été la science de l’absurdité. Elle est opposée aux solutions simples, naturelles et raisonnables ; les difficultés représentent son plus grand plaisir, et la discorde est son élément - p 26. Celui qui s’est donné à la politique ne s’appartient plus et doit obéir à d’autres lois qu’aux lois sacrées de la nature - p 39. Il y a dans la vie de chaque homme des fautes irréparable s - p 43. Dans la politique et dans la vie, les demi-mesures et les hypocrisies font toujours plus de mal que les décisions nettes et énergiques - p 43. Seules les natures faibles renoncer et oublier ; les natures fortes ne se résignent pas, et provoquent même au combat le destin tout-puissant - p 47. Combien on est bien peu de choses lorsque l’on est brusquement relégué au second plan - p 53. Il connaît le secret d’une patiente attente qui garantit plus sûrement le succès qu’un élan, prompt et passionné - p 76. Le premier indice qui dénote un politicien clairvoyant, c’est avant tout de ne pas chercher à atteindre ce qui est inaccessible - p 76. En politique, la lente, persévérance triomphe, toujours de la force indomptée, le plan soigneusement élaboré de l’élan improvisé, le réalisme du romanesque - p 110. Sigisbée : Cavalier servant. Il n’y a pas en Angleterre de femmes qui puisse être comparée à Elisabeth, et il n’y en a pas en Écosse qui surpasse Marie Stuart - p 125 (Face à une épineuse question pour comparer Elisabeth et Marie Stuart). Demander de la logique à une jeune femme amoureuse serait vouloir l’impossible - p 135. Riches présents ne sont une grâce que pour celui qui en est digne, pour toute autre, ils deviennent danger. L’accroissement subit de leur puissance trempe les caractères forts tandis que les caractères faibles succombent à leur bonheur immédiat immérité. Le trio ne les rend pas modestes, mais vaniteux, et dans leur puérile folie ils s’imaginent que la faveur de la fortune est un témoignage de leurs propres valeurs - p 151. Il n’est pas dans la vie d’une femme de plus profonde humiliation que de s’être donnée inconsidérément à un homme qui n’était pas digne de son amour - p 152. Freluquet : Homme léger, frivole et sans mérite. En admettant, même qu’entre l’intimité spirituelle d’une femme et d’un homme et l’abandon physique, il n’y ait qu’une étroite frontière que l’on franchit aisément dans une minute de trouble, dans un instant d’égarement… - p 162. ils arrivent qu’un individu apprenne plus en un jour que d’ordinaire pendant des mois ou des années - p 174. Pour plaire aux femmes, il n’est pas nécessaire d’être beau - p 199. Il n’est pas d’homme que la femme aime, passionnément plus que celui, qu’elle craint et admire en même temps, avec qui un certain sentiment de peur et de danger accroît le plaisir amoureux dans des proportions mystérieuses - p 199. L’offense a toujours pour effet de tirer même du plus faible de la dureté - p 203. Il y a des femmes qui dépensent en une seule passion toutes les réserves d’amour au lieu de la repartir avec ménagement sur des années et des années ainsi que le font les natures bourgeoises et modérées - p 214. Il n’y a pas de connaissance sans pré -connaissance, pas de jouissance sans pré -jouissance, et que le sentiment amputa besoin d’être éveillé et allumé avant de pouvoir s’épanouir à l’infini / p 216. Il est toujours dangereux pour les petites gens de se mêler des affaires des grands - p 269. Celui qui a la force a aussi le droit - p 279. Ce qui est écrit avec de l’encre peut être effacé avec du sang - p285. Il n’est pas de pitié pour les faibles - p 332. La politique n’a rien à voir avec la morale - p 344. Ces êtres qui ne déçoivent jamais : les animaux - p 391. La limite qui sépare la folie de la témérité est très étroite, car toujours héroïque a été synonyme d’insensé - p 398. Qui a tout perdu n’a plus rien à perdre - p 411. Toujours, les grands édifice politiques ont été construits avec les Peers de l’injustice et de la cruauté, toujours leur fondations, ont vu le sang pour ciment ; en politique, seuls, les vaincus ont tort et l’histoire, en poursuivant ça marche, les foule de son pas d’airain - p 497 Ce qui est nécessaire se réalise - p 499.
Lu jusqu au 2/3. C est bien écrit mais assez long, je n ai pas eu envie de finir. Peut être aussi car je connais bien cette histoire
De Stéphan Zweig. Bien aimé même si parfois redites surtout au début. Période de l’histoire assez incroyable avec ces deux reines ennemies et aussi opposées de caractère… Avis de Grégoire : "Marie contre Elisabeth" On connaît la passion de Stefan Zweig pour décrire les pensées intérieures et les aspects psyochologiques de ses personnages. On aura particulièrement apprécié cette recherche dans le cas de Magellan, ou de Marie-Antoinette, qui se lisent comme des romans. Ici, cela atteint une démesure qui gâche parfois la lecture. Chaque phrase sur un trait de caractère d'un personnage déclenche en réponse une vérité générale. S'agissant d'une femme, au caractère complexe qui plus est, l'auteur ne tarit pas de généralités qui aujourd'hui seraient impossibles à écrire : en un mot ce qui aurait pu être un charme désuet (1935) ressemble plus ici à de lourds clichés masculins. Marie comme Elisabeth, sa "meilleure ennemie" et reine d'Angleterre, sont trop souvent décrites comme soumises à leurs pulsions féminines et incapables de prendre une décision simple. En revanche, la vie de Marie Stuart est passionnante, et Stefan Zweig rend bien compte du mystère qui plane autour d'elle. En particulier, il explique bien que les "lettres de la cassette", preuve de la complicité de Marie dans l'assassinat de son mari, ne pourront jamais être considérées avec certitude ni comme vraies, ni comme fausses. Son parti, qu'il explicite clairement en introduction, est que les lettres et poèmes sont bel et bien écrits par notre héroïne, mais que son histoire personnelle et son amour inconditionnel expliquent son geste. Ainsi le personnage n'est ni une innocente victime ni une cruelle manipulatrice. Il en va de même pour Elisabeth, personnage nuancé dont le comportement oscille entre grandeur et perfidie. Zweig établit un parallèle intéressant entre l'histoire de Marie Stuart et Macbeth, le drame de Shakespeare écrit quelques années plus tard. Les faits sont si proches, les personnages paraissent si inspirés les uns des autres (en particulier Lady Macbeth et Marie Stuart), que le roman et l'Histoire se confondent et la lecture de l'un est nécessaire pour mieux comprendre l'autre. En conclusion, on conseillera plutôt un autre Stefan Zweig. Celui-ci vaut le coup cependant, pour l'histoire passionnante qu'il décrit avec précision et passion, avec également un contexte religieux sensible bien décrit. La scène finale de la décapitation est grandiose et poignante.
La biographie tragique de Marie Stuart.
Excellente biographie. La dualité Marie Stuart et Elizabeth 1ere m’etait totalement inconnue et Zweig raconte ces deux reines, d’Ecosse et d’Angleterre de manière passionnante. Zweig est clairement pro-Stuart ici. Les deux femmes ne se song jamais vues mais se song vouées une haine sans limite jusqu’au complot menant à la decapitation de MS, reine catholique d’Ecosse.





