
Le regard féminin
2021
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Iris Brey
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Summary
On se souvient de la légendaire robe soulevée par le vent de Marilyn Monroe dans Sept ans de réflexion ou encore du bikini de Halle Berry, la célèbre James Bond girl, dans Meurs un autre jour. Devenues cultes, ces scènes ont marqué l'histoire du cinéma. De quoi ces images sont-elles le nom ? Depuis toujours, les femmes sont filmées comme des objets de plaisir, les privant de pouvoir au profit du regard masculin et de ses désirs. Pour faire face à ce male gaze majoritaire, Iris Brey montre comment s'est élaboré un regard féminin au cinéma et interroge le sens caché des images. Un essai crucial déjà considéré comme un classique. Autrice et journaliste, Iris Brey collabore à de nombreux médias (Les Inrockuptibles, Mediapart, France Culture, Canal+...) et s'est imposée comme l'une des spécialistes françaises de la question du genre au cinéma et dans les séries. "Iris Brey nous invite à réécrire l'histoire du cinéma et à redessiner nos imaginaires". Les Inrockuptibles Prix de l'essai féministe du magazine Causette
Avis et Commentaires
6 avisPermets vraiment d’ouvrir les yeux sur la représentation féminine au cinéma. À lire absolument pour tous car permet d’avoir un vrai esprit d’analyse et critique. Donnes pleins d’outils trop intéressants pour faire d’un film un vrai film respecteux et honnête sur les sexes féminins !
hyper éclairant et intéressant d’avoir le point de vue d’une critique de cinéma docteure dans son domaine c’est précieux
"Le regard féminin n'est pas le fruit du hasard, c'est une manière de penser". Foucault est le premier à introduire la relation existant entre le regard, le pouvoir et le savoir, à travers son concept de panoptique. L'auteure, Iris Brey, entend démystifier le female gaze et dénoncer le male gaze, et la scopophilie (plaisir éprouvé à regarder). Elle s'appuie pour cela sur des recherches sociologiques sur le regard. Elle évoque ainsi les confusions qui naissent autour du concept de male gaze : il n'est pas question de faire le procès ni de tous les films parus concernés, ni de critiquer la volonté d'un réalisateur d'objectiver le désir des spectateurs, mais plutôt de questionner la façon dont les corps sont filmés, et ce que ce regard situé provoque comme réaction chez le spectateur. Iris Brey est d'ailleurs convaincue que le genre du cinéaste ne conditionne pas sa manière de filmer les personnages féminins. Le female gaze est pour elle inclusif, et provient non pas de l'identité du créateur.e mais du regard généré par le film. Selon elle, le female gaze serait donc "un regard qui donne une subjectivité au personnage féminin, permettant ainsi au spectateur et à la spectatrice de ressentir l'expérience de l'héroïne sans pour autant s'identifier à elle". Elle propose une grille de lecture en 6 points, pour associer le terme de female gaze à un film : Il faut narrativement que : 1 - Le personnage principal s'identifie en tant que femme 2 - L'histoire soit racontée de son point de vue 3 - Son histoire remette en question l'ordre patriarcal Il faut d'un pdv formel que : 1 - grâce à la mise en scène le spectateur/trice ressente l'expérience féminine 2 - si les corps sont érotisés, le geste doit être conscientisé 3 - le plaisir des spectateurs/trices ne découle pas d'une pulsion scopique (pas objectiver) Iris Brey développe sur la complexité du traitement du viol : comment le représenter à l'écran sans le légitimer (comme le font la majorité des films du male gaze qui se placent du pdv du violeur) ? Elle explique ainsi qu'il faut se pencher sur le pdv de la femme, et plus précisément sur son ressenti physique, comme une expérience incarnée, ce qui neutralise l'érotisation de la scène. Il faut pour cela aussi s'attarder sur les conséquences que cet acte impose à la victime, pour ne pas le rendre qu'un outil au service du scénario.
À lire absolument, ça donne un regard neuf sur le cinéma avec des exemples connus de tous👌





