
Bristol
2025
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Jean Echenoz
Delphine Rozan a noté 10/10
Travelling, utilisation d'une mouche comme transition et comme moyen de décrire les lieux sur lesquels elle se pose sans passer par une description traditionnelle ( mouche que Bristol écrasera quand elle ne sera plus utile à la description), présence du narrateur qui doit changer de scénario à l' instar de son personnage réalisateur en inventant une autre possibilité puisque le personnage de Nadia Saint Clair a refusé le rendez-vous qui aurait permis qu'elle refuse de jouer dans le film, tout est drôle même la mise en abyme. Echenoz a la légèreté de ne jamais se prendre au sérieux alors même qu'il a des trouvailles géniales pour rompre avec le roman conventionnel . Le roman est envahi par des animaux loufoques ( mouche, éléphant, voiture comparée à un chien) L'onomastique est hilarante ( Luc Voyard réalisateur du film porno, " Retourne moi" porte un prenom qui si on le retourne en effet (cul) en dit long sur son cinéma de voyeurs Voyard ), Petrus Mogomotsi est interprète et chargé de cours..., Echenoz joue avec les sonorités (" gros grain grenat") La scène où jean Claude se prend les pieds dans son parachute sur l'éléphant alors qu il devait le dompter dans le script m'a fait rire bruyamment, comme la fausse insolence du narrateur ; " Pasternac serait assez facile à décrire mais on n en a pas tellement envie" , le jeu avec les figures de style qu'il nomme même, la réécriture du topos du coup de foudre amoureux passant par le regard entre Bristol et Celeste renouvellent le genre. Echenoz déonstruit la syntaxe : Julien Claveau " déchiffre une affiche de Polyeucte avec Michèle Severinsen dans le rôle de Stratonice qui reparaît avec le thé, mais asseyez- vous donc et que me vaut le plaisir de votre visite?" Le point de vue change dans la relative liée à "Stratonice" rendant confus l'antécédent: c'est Michèle Severinsen qui apporte le thé et non son personnage. Or juste après, son discours direct est mêlé à la narration dans une même phrase: cela correspond ainsi à une traduction du champ contre champ en littérature, Echenoz écrivant comme on filme dans la première partie. L'histoire est totalement invraisemblable, ce sont la fantaisie et la joie de l'imaginaire qui comptent.
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Summary
- Alors qu'est-ce que vous faites dans la région, dites-moi un peu, s'inquiète le commandant Parker. - Disons que c'est pour un film que je suis en train de tourner, indique Robert. Comme vous voyez. - On ne m'en avait pas averti, regrette le commandant, mais voilà qui m'intéresse beaucoup. Et quel genre de film, au juste ? - Toujours pareil, expose Robert, l'amour et l'aventure. Avec l'Afrique et ses mystères, vous voyez le genre. - Ah oui, soupire le commandant Parker, je vois en effet très bien le genre. Et pour votre histoire d'amour, vous avez pris quelle actrice ? - Céleste, dit Robert. Céleste Oppen.
Avis et Commentaires
49 avisJ'ai adoré, quel bonheur de se replonger dans Echenoz.
De Jean Echenoz (2025) Entre roman noir et ambiance cinématographique. Mais ennuyeux
Un récit un peu loufoque servi par une écriture et un style incroyable! On prend plaisir à lire ce petit roman…dont l’intrigue reste accessoire.
Décevant
Une histoire abracadabrantesque dans un style unique, hilarant et très grinçant. Bristol est un réalisateur médiocre et parfait anti-héros, on le suit dans ses errances au fil de ses rencontres. Dans une écriture cinématographique, Echenoz nous embarque avec malice dans ce faux roman d’aventures mâtiné de policier avec les codes de la biographie. Je lirai d’autres livres de cet auteur car j’y ai passé un très bon moment.
J’adore l’humour de Jean echenoz





