Déjà Vu s’inscrit parfaitement dans la formule Tony Scott : mise en scène survoltée, action spectaculaire, fascination pour les dispositifs gouvernementaux (CIA, FBI, ATF), menace terroriste, technologie de pointe et grandes enquêtes d’État. Le film aligne aussi son lot de codes très américains : musique grave et appuyée, personnages masculins dominants, petite idylle en toile de fond, et quelques clichés assumés qui vont du médecin légiste clope au bec à l’héroïsme frontal. C’est du Tony Scott pur jus, avec ce sens du rythme et du spectacle qui reste efficace.
Denzel Washington tient plutôt bien le film. Ce n’est clairement pas son rôle le plus marquant, mais il apporte suffisamment de crédibilité pour maintenir une sorte d’intérêt. Val Kilmer, dans un rôle très à la marge, est plutôt juste lui aussi.
Là où le film me perd davantage, c’est dans son basculement vers la science-fiction. Le concept de la technologie permettant de remonter le temps, très high-tech miracle, a du mal à me convaincre et me sort du récit tant il paraît artificiel. Pour autant, il est intéressant de constater à quel point Déjà Vu anticipe certains délires narratifs que Nolan développera plus tard avec Inception ou Tenet : un thriller d’action qui glisse vers le jeu temporel et la manipulation du temps. À ce titre, le film apparaît presque comme un brouillon, très imparfait mais précurseur, d’un sous-genre qui explosera quelques années plus tard.
Rien de particulièrement marquant dans Déjà Vu (le titre était annonciateur faut pas faire l’étonné), un scénario peu profond voire un peu bancal, un virage science-fiction poussif dont je ne suis clairement pas la cible, des performances correctes mais très classiques, et une accumulation de clichés propres au cinéma d’action américain. Cela dit, ça reste regardable.