J’adorais ces films plus jeune, de l’aventure, des cascades et des combats, la quête d’un artefact puissant et symbolique du passé, un male lead charismatique et intelligent, tous les ingrédients parfaits pour ma recette idéale. Il ne m’en fallait pas plus. Et je dois dire que j’étais très excitée à l’idée de les revoir. Avec mon œil pas parfait mais un peu plus exercé, j’arrive à voir à quel point la mise en scène est brillante, avec des plans sublimes, des jeux d’ombre et de couleurs, des silhouettes qui se détaillent sur fond de coucher de soleil splendide et flamboyant et une bande-son légendaire. Un film de divertissement, grand public, qui pose les bases à tous ceux qui ont suivi, et qui atteint un niveau de perfection et d’exigence remarquable (même si je trouve le film un peu lent mais c’est peut-être juste mon cerveau biberonné aux réseaux qui parle). Harrison Ford, dans ce rôle, est parfait. Ça, c’est pour les points positifs. Concernant les points négatifs, c’est absolument affligeant de voir la représentation « des cultures arabes » dans les films de cette période. Les individus qui les composent ne sont qu’une masse informe et sauvage, vêtus de robes et de turbans, aux expressions féroces et aux motivations cupides et malhonnêtes. Les voir se battre et être humilié par l’Américain, franchement pénible à regarder. Et le seul censé représenter un élément intellectuel, plus proche du modèle occidental, se retrouve flanqué d’une flopée d’enfants et d’un courage lacunaire. Je pourrais dire la même chose des Amérindiens du début, une tribu subordonnée aveuglément à l’homme blanc et qui n’agit que par la violence. J’en viens alors à mon deuxième point, la place auto-octroyée aux Américains, à remettre dans le contexte de la Guerre Froide. Plusieurs répliques m’ont fait tiquée et, malheureusement, je ne les ai plus toutes en tête si ce n’est une, simple mais très significative : « Vous ne pouvez pas me faire ça, je suis Américaine ». Hmm….. La lutte contre les ennemis nazis manquait de subtilité, de la caisse avec leur symbole avec en premier plans deux petits rats, à Indiana Jones qui enfile leur uniforme sans qu’il lui aille jusqu’au grand final où l’histoire juive prend le dessus et lex extermine tous en les brûlant vifs (fours crématoires). Enfin, j’évoquerai la place minime donnée aux femmes, sans cesse définie par leur rapport aux hommes (male gaze), et qui se contente d’une attention moindre et irrespectueuse. Ce n’est pas parce qu’il l’a sauvée une fois qu’elle doit se jeter dans ses bras, il n’avait même pas versé une seule larme après sa première mort. Indiana est un connard avec la gent féminine. Je crois que j’ai fait le tour. Je suis un peu triste de revoir ces films et de ne pas pouvoir les apprécier pleinement.