Loti
Aziyadé & fantôme d’orient
Folio Classique 2058
345 pages.
Tarbouch : espèce de Turban
Circassien : venu du Caucase
Tout est EQUILIBRE en ce monde, au-dedans de nous-mêmes comme au-dehors. Si la sensibilité prend le dessus, c’est toujours aux dépens de la raison. Plus vous serez poète, moins vous serez géomètre et, dans la vie, il faut un peu de géométrie, et ce qui est pire encore beaucoup d’arithmétique - p 51.
Le temps et la débauche sont deux grands remèdes ; le cœur s’engourdit à la longue, et c’est alors qu’on ne souffre plus- p 71.
philosophie de Pierre Loti
Eprenez-vous d'une fille de cirque qui aura de belles formes. Il n'y a pas de Dieu, il n'y a pas de morale, rien n'existe de tout ce qu'on nous a enseigné à respecter; il y a une vie qui passe, à laquelle il est logique de demander le plus de jouissances possible, en attendant l'épouvante finale qui est la mort.
Les vraies misères, ce sont les maladies, les laideurs et la vieillesse; ni vous ni moi, nous n'avons ces misères-là; nous pouvons avoir encore une foule de maîtresses, et jouir de la vie.
Je vais vous ouvrir mon cœur, vous faire ma profession de foi : j'ai pour règle de conduite de faire toujours ce qui me plaît, en dépit de toute moralité, de toute convention sociale. Je ne crois à rien ni à personne, je n'aime personne ni rien; je n'ai ni foi ni espérance.
J'ai mis vingt-sept ans à en venir là; si je suis tombé plus bas que la moyenne des hommes j'étais aussi parti de plus haut - p 72.
je t’ai dit que je ne croyais à l’affection de personne ; cela est vrai. J’ai quelques amis qui m’en témoigne beaucoup, mais je n’y crois pas - p 86.
C’est un diamant brut enchâssé dans du fer - p. 87.
Ton pauvre cœur est plein de contradictions, ainsi que tous les cœurs troublés qui flottent sans boussole - p 106.
axiome : ce que l’on aime, le mieux chez les autres, c’est soi-même. Lorsque je rencontre un autre moi-même, il y a chez moi accroissement de forces; il semblerait que les forces pareilles de l’un et de l’autre s’ajoutent , et que la sympathie ne soit que le désir, la tendance vers cet accroissement de forces qui, pour moi, est synonyme de bonheur. Si vous le voulez bien, j’intitulerai ceci : le grand paradoxe sympathique - p 145.
L’aplomb est toujours un moyen de succès - p 169.
Le chez soi, en Orient, n’est jamais souillé de la boue du dehors. On la laisse à la porte, et les tapis précieux ne sont foulés que par des babouches ou des pieds nus. - p171.
L’ivresse, l’oubli désiré de toutes les choses humaines - p 173.
Dans les villes d’Occident, la vie du dedans se devine au dehors; le regard ne plonge jamais dans une demeure turque. Si la porte s’ouvre pour laisser passer un visiteur, elle s’entrebâille seulement; quelqu’un est derrière, qui la referme aussitôt. L’intérieur ne se devine jamais - p 215.
Fantôme d’orient
10 années, c’est un recul profond où toutes les images se noient dans une même brume - p 254.
Aziyadé et Loti, ceux d’autrefois du moins, sont bien morts; ce qui peut rester d’eux-mêmes, s’est transformé, leur ressemble à peine sans doute, de visage et d’âme - p 254.
Nos sangs-froids et nos tranquillités de souffrance sont incompréhensibles aux orientaux qui, eux, jettent des cris (face à l’annonce d’un décès) - p 293.
2/2
Notes de lecture Pierre Loti – Aziyadé et fantôme d’orient