Je n'ai pas bien dormi après l'avoir fini... comment l'homme peut il commettre tant d'horreurs de manière aussi banale, sur ses voisins, femmes et enfants compris ?
Le sujet est traité avec sincérité mais on reste dans le roman, à réfléchir sur les parcours de chacun, ses choix à partir de son lot de souffrances. Comment choisir de se battre, de rester résilient, ou au contraire de tout laisser tomber?
Je me suis interrogée sur la dimension autobiographique du roman pour Gaël Faye, Milan dans le roman, comme Kundera, comme si l'être restait d'une insoutenable légèreté au Rwanda !
Le titre est le bol de l'arbre qui représente l'histoire et les racines de la jeune génération rwandaise, celle qui se bat avec une histoire insoutenable, qui a besoin de connaître les atrocités pour se relever et continuer à grandir.
Les personnages sont bien travaillés, belle réflexion sur l'amitié entre des hommes ballotes par la vie (un Tutsi émigré en France, un Tutsi victime du genocide, un Hutu repenti honteux de sa famille de genocidaire). Les femmes sont tournés vers l'amour maternel ou son absence, du moins est-ce l'impression que j'en ai eu en lisant (mais c'est beaucoup le cas en ce moment !!). Il s'agit de solidarité, de fraternité et de liens familiaux. Pas du tout d'amour conjugal (et ça fait du bien aussi de parler d'autre chose!!).
Je suis contente d'avoir découvert cet auteur et vais lire Petit pays !