« La beauté, l’amour et la vérité sont des façons différentes de designer une seule et même chose dont nous ne savons rien »
« mais il est incapable de dire ce genre de choses : je ne veux pas que tu viennes, il ne peut pas dire ça, c’est plus fort que lui, ce n’est pas de la lâcheté, ce n’est pas la peur de faire de la peine, non, il a assez vécu pour savoir que la peine arrive toujours à l’heure et exige d’exorbitantes pénalités si vous la retardez, mais Marcus déteste quitter, il déteste dire non, l’idée de fermer un possible lui est aussi insupportable que assassiner un univers, alors il lui dit : pas tout de suite »
Aux yeux de Liam, sa soeur est une héroïne. Protectrice, audacieuse, Marianne l’entraîne dans des lieux sauvages inondés de lumière, sur les chemins dominant la ville de La Ciotat. Lorsqu’elle meurt à vingt ans, le deuil semble impossible.
Liam décide de reconstituer la dernière pensée de sa soeur, persuadé qu’elle est à l’origine de l’univers chaotique dans lequel il doit désormais vivre. Quand il demande son aide à Beatrix, sa meilleure amie, il découvre un autre visage de Marianne. Celui d’une jeune femme fascinée par les monstres.
Roman ensorcelant sur ce qui nous hante et ce qui nous inspire, enraciné dans une nature abrupte, Medusa questionne le mystère des origines et de la transmission. Aimantés malgré eux par un secret qui leur échappe, Liam et Beatrix poursuivent leur quête. Que faire des anciennes douleurs ? Comment pardonner ? Comment aimer ?
« Fais gaffe, il suffit que tu envisages une possibilité pour que l’univers correspondant commence à se former. Tu ne trouves pas ça merveilleux, ce foisonnement des possibles ? Merveilleux, je ne sais pas, je dirais plutôt terrifiant, bruyant, comme ces insectes aux yeux à facettes, qui pondent des milliers de larves sous la terre avant de mourir. Au fond, nous faisons exactement la même chose qu’eux. Nous imaginons, nous envisageons, nous pondons des milliers d’univers, sans même nous en rendre compte, et puis nous mourrons. »
« la dernière pensée. Des idées de ce genre ont toujours existé. On trouve quelque chose comme ça dans le Bardo Thodol, le livre des morts tibétain mais aussi dans les textes de l’école pythagoricienne ou certains courant de l’hindouisme. Ces traditions croient que ta dernière pensée conditionne la façon dont tu vas te réincarner, un peu comme un courant qui te pousserai dans le bon sens où le mauvais.»
« l’histoire des religions est celle du patriarcat. Je veux comprendre le mal de l’intérieur, c’est tout. »
« … Évidemment, il ne s’agit pas de lui, mais de son fils, l’homme meilleur qu’il s’efforce de devenir en est conscient. Mais l’homme un peu moins meilleur a le sourire aux lèvres. Il portera des tomates à Vanessa, l’une d’elles a la forme d’un cœur flamboyant. C’est le jardin qui le rend heureux ? La joie d’être enraciné ? »
« Des mots qui aboient comme les chiens d’Hécate… des mots longtemps enchaînés, si heureux de courir en liberté désormais, si heureux de semer la panique, criant leur rage et leur joie organiques. »
« le silence est le papier sur lequel les morts écrivent leurs mots d’amour aux vivants. »