
Mon vrai nom est Elisabeth
De Adèle Yon
2025
Résumé
Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Elisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C'est à peu près tout. Les enfants d'Elisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n'en parlent pas à leurs enfants qui n'en parlent pas à leurs petits-enfants. "C'était un nom qu'on ne prononçait pas. Maman, c'était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c'était un non-sujet.'
Avis et Commentaires
13 avisC'est le tout premier livre écrit par Adèle Yon, c'est son sujet de thèse au sein d'un laboratoire de recherche formant artistes et designers. Elle découvre que son aïeule a été diagnostiquée schizophrène dans les années 1950, puis internée de force pendant 17 ans. Craignant de devenir folle elle aussi, elle mène une enquête familiale pour comprendre ce qu’a vécu son arrière-grand-mère Elisabeth, surnommée Betsy. Ce livre m'a plongée dans le milieu de la psychiatrie des années 40 à 50 tant dans le milieu institutionnel que familial. Adèle Yon tente de comprendre dans quelles conditions son arrière-grand-mère a été internée d'office et essaie de percer le silence familial instauré autour d'elle. Il semblerait que Betsy ne correspondait pas aux critères de l'idéal féminin de l'époque. Cela confirme bien que la psychiatrie a toujours été le parent pauvre de la médecine. Il ne me semble pas avoir trop entendu parler de santé mentale en 2025 pourtant cette année y était consacrée, cela m'afflige et me renvoie 8 ans en arrière lorsque je travaillais auprès de patients psychotiques et que je cotoyais leur détresse. Bien souvent je me demande ce qu'ils sont devenus.
Très intéressant sur la condition des femmes et sur la lobotomie fin 19e, début 20e
Le récit ne m’a pas plu

