Ce pourrait être un énième film de mafia et voici un drame shakespearien.
D'abord il y a Londres filmée comme jamais: humide, : glauque, poisseuse..
Il y a l'innocence incarnée par une diaphane Naomi Watts, celle par qui l'intrigue et le scandale arrive.
Il y a le grand mafieux russe, monstre bicéphale débonnaire et glaçant.. Véritable figure du mal.
Son fils ( Cassel parfait) tueur, homosexuel refoulé craignant le père pour qui cela reste le péché ultime.
Et à la croisée du bien et du mal l'homme en pleine mutation, le mafieux qui gagne des galons dans le crime, renie ses parents mais qui en même temps s’humanise..
Et comme nous sommes chez Cronenberg , toujours l'obsession du corps.
Corps tatoués racontant une vie de crimes, corps démembrés jetés dans la tamise, corps nus vulnérables et victorieux. L' inoubliable scène au bain turc, pivot du film, dissèque et chorégraphie l'ultra violence de ces corps. .,
La force de ce film reste avant tout une interprétation fantastique.
Le père inhumain, le fils veule, la détermination vertueuse de l'héroïne. Et au centre le personnage incarné par Mortenssen, tout en ambiguïté, prouvant si c'était nécessaire qu'il est l'un des plus grands acteurs contemporains.
Un film à plusieurs niveaux de lecture qu'il faut redécouvrir..