
L'enragé
De Sorj Chalandon
2023
Vero richardeau a noté ★ 10/10
Résumé
" En 1977, alors que je travaillais à Libération, j'ai lu que le Centre d'éducation surveillée de Belle-Ile-en-Mer allait être fermé. Ce mot désignait en fait une colonie pénitentiaire pour mineurs. Entre ses hauts murs, où avaient d'abord été détenus des Communards, ont été " rééduqués " à partir de 1880 les petits voyous des villes, les brigands des campagnes mais aussi des cancres turbulents, des gamins abandonnés et des orphelins. Les plus jeunes avaient 12 ans. Le soir du 27 août 1934, cinquante-six gamins se sont révoltés et ont fait le mur. Tandis que les fuyards étaient cernés par la mer, les gendarmes offraient une pièce de vingt francs pour chaque enfant capturé. Alors, les braves gens se sont mis en chasse et ont traqué les fugitifs dans les villages, sur les plages, dans les grottes. Tous ont été capturés. Tous ? Non : aux premières lueurs de l'aube, un évadé manquait à l'appel. Je me suis glissé dans sa peau et c'est son histoire que je raconte. Celle d'un enfant battu qui me ressemble. La métamorphose d'un fauve né sans amour, d'un enragé, obligé de desserrer les poings pour saisir les mains tendues. " S. C. [payot.ch]
Avis de la communauté
Les lecteurs sont captivés par 'L'Enragé', décrivant une histoire poignante et brutale d'un jeune garçon dans une colonie pénitentiaire. Le récit, riche en émotions et en rebondissements, est salué pour sa plume vive et son engagement. Malgré une entrée en matière parfois difficile, l'histoire devient rapidement prenante, mêlant violence et moments de tendresse inattendus. Le dénouement, à la fois choquant et bouleversant, laisse une impression durable.
👍 Émotions fortes et récit captivant.
👎 Début peut être difficile à suivre.
Avis et Commentaires
114 avisDébut assez long et descriptif mais ensuite l’histoire devient très prenante
J'ai adoré ce livre. L'histoire est très captivante et une belle écriture.
Puissant, féroce et magnifique ...
Être patient au début. Super à partir du 2/3
homonyme du célèbre anarchiste Jules Bonnot tué en 1912, devient, à 13 ans, le matricule 3462. Il a volé des œufs, été complice d’un incendie et coupable de rébellion à agent. Abandonné par ses parents, malmené par ses grands-parents, il est envoyé à la colonie pénitentiaire de Haute-Boulogne, à Belle-Île, renommée « maison d’éducation surveillée » – ce qui sonne mieux. Mais les gardiens, même si on les dit désormais « moniteurs », sont toujours des gardes-chiourme, qui frappent les nuques rasées des gamins de 12 à 18 ans avec un nerf de bœuf. Des enfants que la IIIᵉ République entend corriger, dans les deux sens du terme. Parmi les quelque deux cents pupilles bellilois — l’Abeille, Petit Malo, Soudars le Caïd… —, Bonneau, lui, a son nom de guerre : la Teigne. Tous ceux qui lui cherchent querelle le savent, y compris le personnel des matons — le Rat, Le Goff, l’ancien combattant, Napoléon… — et l’aumônier qui, lui, rêve de la mitre. Même l’infirmière, « la Rousse », la seule à tenter de le protéger sans pouvoir le contenir.
Excellent !!!!!



