Ce que le jour doit à la nuit
Perrine Velin a noté ★ 7/10
Avis et Commentaires
12 avisUn magnifique roman sur une histoire d’amitié, une leçon sur le courage, la culpabilité et la fidélité amicale au détriment du grand amour. Splendide. « Le printemps gagnait du terrain. Les collines recouvertes de duvet miroitaient aux aurores comme une mer de rosée. On avait envie de se mettre à poil et de s'y jeter la tête la première, de nager dans l'herbe jusqu'à épuisement, puis d'aller s'étendre au pied d'un arbre et de rêver, une à une, de toutes les belles choses que le bon Dieu faisait. C'était grisant. Chaque matin était un coup de génie; chaque instant que l'on volait au temps nous livrait une part d'éternité. Río, sous le soleil, était du pain bénit. Là où l'on posait la main, on levait le songe; nulle part mon âme n'avait été si proche de la paix. Les rumeurs du monde nous parvenaient débarrassées des cacophonies susceptibles de fausser le bruissement thérapeutique de nos vignes. On savait que la situation s'enfiévrait au pays, que les colères couvaient dans les soubassements les gens du village n'en avaient cure. Ils élevaient autour de leur bonheur des remparts imprenables en s'interdisant d'y creuser des fenêtres. Ils ne voulaient rien voir d'autre que leur beau reflet dans la glace leur idylle turbulente auquel ils clignaient de l'œil avant de se rendre dans les vergers cueillir des soleils par paniers entiers. » (début d’une chapitre 13)




