Avec ce livre j'ai vraiment compris pourquoi Camus avait eu un prix Nobel, au delà de l'histoire que je connaissais un peu (l'absurdité de la condition humaine en somme), j'ai vraiment beaucoup aimé le style. Je l'ai trouvé très en phase avec le personnage principal, un style en apparence simple et sans artifice, qui décrit de la même manière la condamnation d'un homme, la beauté d'un paysage ou l'omelette qu'il mange au repas. Il y avait beaucoup de phrases où j'ai corné la page du livre en me disant "whaou super". J'ai beaucoup aimé ses descriptions de la mer et du soleil d'Algerie alors que j'avais trouvé ça plutôt lourd dans ses nouvelles.
Lorsqu'il tire sur l'arabe : "J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux [...] Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais à la porte du malheur."
En prison : "Au début de ma détention, pourtant, ce qui a été le plus dur, c'est que j'avais des pensées d'homme libre. Par exemple, l'envie me prenait d'être sur une plage et de descendre vers la mer. [...] Ensuite, je n'avais que des pensées de prisonniers."
En prison il énumère dans sa tête tous les objets de sa chambre dans les moindres recoins, pour s'échapper dans son esprit et tuer le temps : "Ainsi, plus je réfléchissais et plus de choses méconnues et oubliées je sortais de ma mémoire. J'ai compris alors qu'un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il y aurait assez de souvenirs pour ne pas s'ennuyer."