
Hamlet
1978
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William Shakespeare
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Summary
WILLIAM SHAKESPEARE HAMLET. LE ROI LEAR HAMLET : J'ai depuis peu, pourquoi je n'en sais rien, perdu toute ma gaieté, abandonné mes habituels exercices ; et de fait mon humeur est si désolée que cet admirable édifice, la terre, me semble un promontoire stérile, et ce dais de l'air, si merveilleux n'est-ce pas, cette voûte superbe du firmament, ce toit auguste décoré de flammes d'or, oui, tout cela n'est plus pour moi qu'un affreux amas de vapeurs pestilentielles. (Acte II scène II)
Avis et Commentaires
27 avisL’histoire est sympa. Ça reste de la littérature classique, beaucoup de mots compliqués pour pas grand chose mais ce qui est intéressant c’est la morale derrière.
L’histoire d’Hamlet est absolument magistrale : mensonges, crimes, manipulations… Entre le fer et le poison, la noyade et le duel, la mort rôde partout et n’épargne personne. Pourtant, la lecture peut se révéler complexe. Le style élisabéthain, dense et métaphorique, mérite souvent d’être accompagné d’une analyse en cours pour en saisir toutes les nuances. Parce que, clairement, la pièce déborde de messages, de symboles, de doubles sens — et j’aurais gagné à me pencher davantage sur les monologues d’Hamlet, notamment ses réflexions obsédantes sur la vie, la mort et le sens d’exister. Dès le premier acte, l’apparition du fantôme — spectre nocturne, vision divine ou hallucination, on ne sait — donne le ton. Le père mort d’Hamlet nourrit dès le début l’intrigue à venir et pousse son fils sur un chemin sans retour : celui de la vengeance. Venger quelqu’un est déjà cruel, maladroit et souvent absurde ; mais se venger « à la Hamlet », c’est autre chose. C’est élever le crime au rang de vertu, transformer la justice personnelle en quête métaphysique.. Ophélie est l’un des personnages les plus tragiques d’Hamlet, non pas parce qu’elle commet des actes terribles — au contraire — mais parce qu’elle est entraînée dans un drame qui la dépasse, sacrifiée par une société et par des hommes qui ne voient en elle qu’une fonction : celle d’obéir, de se taire et de servir. Elle devient donc un personnage pris au piège, par son père, son frère et même Hamlet. Une jeune femme qui n’a pas réellement la possibilité d’exister par elle-même. Elle ne parle jamais pour elle, mais toujours pour satisfaire l’autorité ou pour calmer ceux qui l’entourent La relation entre Hamlet et Ophélie est tragique parce qu’elle est entièrement déséquilibrée. Ophélie aime Hamlet avec sincérité. Hamlet l’aime aussi — c’est implicite, et confirmé à sa mort — mais il doit la repousser pour mener à bien sa vengeance et sauver son âme. Le reniement brutal d’Hamlet (« Va dans un couvent ! ») est un choc pour Ophélie. Lui qui représentait l’amour, la tendresse et la lumière devient soudain un agent de chaos. Cette perte, ajoutée à la mort de Polonius, détruit ce qui restait de stabilité dans son esprit. Hamlet trahit son innocence, et lui-même n’en sort pas indemne. Cette perte le ronge autant qu’elle détruit Ophélie elle-même. À sa mort, il déclare qu’il l’a aimée « plus que quarante mille frères ne sauraient aimer » — aveu tragique, trop tardif. Leur relation brisée ajoute une couche tragique supplémentaire, un contrepoint délicat à la froideur politique de la cour. Ophélie n’est pas un personnage faible : c’est un personnage écrasé. Elle incarne : • l’innocence sacrifiée, • la violence de la manipulation, • la cruauté involontaire des hommes qu’elle aime, • et le prix terrible de la vengeance d’Hamlet. Sa disparition est l’un des plus grands coups de Shakespeare : c’est en détruisant Ophélie qu’il révèle que dans cette pièce, même la pureté n’a aucune chance. Mais le personnage principal de la pièce, c’est la mort. Du premier au dernier vers, elle est omniprésente. Elle est la cause du malaise d’Hamlet, elle hante la pièce à travers le spectre, et elle règne sans partage dans la scène finale. Crâne en main, duel sanglant, poison qui circule — Hamlet n’est rien d’autre qu’une méditation poétique et brutale sur notre fin inévitable.
Lecture scolaire
Les corps, leurs désirs et leurs pestilences obsèdent depuis son premier livre l’Irlandaise Maggie O’Farrell. Vingt ans après Quand tu es parti, elle continue de remettre en question les liens familiaux, les mensonges et les deuils. Autobiographiques, contemporaines ou historiques, ses fictions demeurent fidèles à ses obsessions, tout en se révélant toujours originales. Ainsi de I Am, I Am, I Am (2017), récit féministe et charnel, et aujourd’hui de Hamnet, œuvre extraordinaire et tourmentée, située en 1596, à Stratford. Si Maggie O’Farrell met en scène Shakespeare, elle s’intéresse essentiellement à son épouse, Agnès, singulière guérisseuse, préférant la campagne aux dorures de la capitale anglaise. Entre Agnès la sauvageonne et William le précepteur amateur de littérature, il y a d’abord un coup de foudre. Puisqu’elle est très vite enceinte, il leur faut se marier. Mais Agnès reste indépendante et accepte de voir partir son époux pour Londres et devenir loin d’elle un célèbre dramaturge. Tandis que les enfants grandissent, la jeune mère ignore patiemment la solitude en cueillant des plantes médicinales. Il y a du sacrifice dans cette attitude, mais le drame est ailleurs, quand la peste ronge les corps de ses enfants. Le jeune Hamnet — ou Hamlet — voit sur le visage de sa sœur jumelle les bubons, la fièvre et la peur. Il cherche de l’aide et finit par « tromper la mort ». Dans ce livre bouleversant, dont l’écriture n’est jamais décorative, Maggie O’Farrell refuse la métaphore pour parler du déchirement ressenti par une mère devant son enfant porté en terre. Dans le même temps, elle décrit le pouvoir de la création pour transformer la douleur en œuvre universelle. Shakespeare va écrire Hamlet, le jouer, le pleurer, devant un public qui ne sait rien de son tourment intime et devant sa femme qui comprend tout. « Hamlet, là, sur scène, est deux personnages à la fois : le jeune homme, vivant, et le père, mort. Vivant et mort à la fois », dit la narratrice. Maggie O’Farrell décrit cette résurrection par l’écriture mais refuse les propos éthérés. Elle écrit en palpant la douleur, en l’agrippant des deux mains. Son livre sent fort la puanteur et les larmes des endeuillés pour offrir une lecture d’une puissante densité, celle du chef-d’œuvre.
Le roi du Danemark, père d'Hamlet, est mort récemment. L'oncle d'Hamlet Claudius a remplacé le roi défunt et, moins de deux mois après, a épousé Gertrude, sa veuve. Le spectre du roi apparaît alors et révèle à son fils Hamlet qu'il a été assassiné par Claudius. Hamlet doit venger son père. Pour mener son projet à bien, il simule la folie. En effet, il semble incapable d'agir, et, devant l'étrangeté de son comportement, l'on en vient à se demander dans quelle mesure il a conservé la raison. On met cette folie passagère sur le compte de l'amour qu'il porterait à Ophélie, fille de Polonius, chambellan et conseiller du roi. L'étrangeté de son comportement plonge la cour dans la perplexité. Mis en cause à mots couverts par Hamlet, Claudius perçoit le danger et décide de se débarrasser de son fantasque neveu.
Je l’ai lu parce que Joco a dit que c’était son livre préf. Pas facile facile à lire. Normal il a été écrit y’a 500 ans.





