
Dans les forêts de Sibérie
2011
•
Sylvain Tesson
Anthony Labesse a noté 5/10
Sylvain Tesson s’est exilé sur les rives du lac Baïkal pour six mois de solitude. De ce retrait est né un journal à la fois rugueux et lyrique, où la Sibérie devient miroir d’une ascèse volontaire. Ce livre est d’abord une plongée dans le froid : froid physique, mordant, celui qui pénètre jusqu’aux os ; froid spirituel aussi, car l’isolement glace peu à peu les certitudes et réduit l’homme à l’essentiel ; froid de l’exil enfin, où l’on sent que l’écrivain n’échappe pas seulement au monde, mais cherche à se tenir à distance de lui-même. Face à ce gel intérieur et extérieur, Tesson oppose la chaleur de la littérature. Ses lectures deviennent un feu d’appoint, une braise qui l’empêche de s’éteindre dans la blancheur sibérienne. Le livre témoigne d’une conviction : seule la pensée, transmise par les livres, peut tenir compagnie à l’homme seul. La contemplation est souvent juste, parfois bouleversante par sa densité et sa netteté d’image ; mais elle peut aussi s’alourdir, ronfler un peu, tant Tesson aime à ciseler l’aphorisme. Cette tendance à la formule brillante frôle parfois l’exercice de style. Mais il faut lui reconnaître qu’il sait fixer un paysage, capter une lumière, inscrire dans la neige des réflexions qui dépassent largement l’anecdote de son séjour. Dans les forêts de Sibérie est donc à la fois journal d’ermite, méditation sur la liberté et carnet de lectures. On peut lui reprocher une certaine complaisance dans la pose de l’écrivain retiré du monde, mais il laisse une empreinte : celle d’un voyage où le froid devient matière à pensée et où la littérature, par éclairs, se fait chaleur humaine.
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Summary
«Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si la liberté consistait à posséder le temps? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures? Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.»
Avis et Commentaires
16 avisSylvain Tesson s’est exilé sur les rives du lac Baïkal pour six mois de solitude. De ce retrait est né un journal à la fois rugueux et lyrique, où la Sibérie devient miroir d’une ascèse volontaire. Ce livre est d’abord une plongée dans le froid : froid physique, mordant, celui qui pénètre jusqu’aux os ; froid spirituel aussi, car l’isolement glace peu à peu les certitudes et réduit l’homme à l’essentiel ; froid de l’exil enfin, où l’on sent que l’écrivain n’échappe pas seulement au monde, mais cherche à se tenir à distance de lui-même. Face à ce gel intérieur et extérieur, Tesson oppose la chaleur de la littérature. Ses lectures deviennent un feu d’appoint, une braise qui l’empêche de s’éteindre dans la blancheur sibérienne. Le livre témoigne d’une conviction : seule la pensée, transmise par les livres, peut tenir compagnie à l’homme seul. La contemplation est souvent juste, parfois bouleversante par sa densité et sa netteté d’image ; mais elle peut aussi s’alourdir, ronfler un peu, tant Tesson aime à ciseler l’aphorisme. Cette tendance à la formule brillante frôle parfois l’exercice de style. Mais il faut lui reconnaître qu’il sait fixer un paysage, capter une lumière, inscrire dans la neige des réflexions qui dépassent largement l’anecdote de son séjour. Dans les forêts de Sibérie est donc à la fois journal d’ermite, méditation sur la liberté et carnet de lectures. On peut lui reprocher une certaine complaisance dans la pose de l’écrivain retiré du monde, mais il laisse une empreinte : celle d’un voyage où le froid devient matière à pensée et où la littérature, par éclairs, se fait chaleur humaine.
Passionnant. Sylvain tesson en ermite s interrogé sur la place de l'homme dans la nature
Introspection intéressante
Très bien écrit, on se croit en Sibérie à travers ses magnifiques descriptions. Description de ses états d’âme. Cependant s’éternise un peu, un peu long et répétitif à la fin.
Seul quelques mois dans une cabane, dans les forets de Sibérie. Et si la liberté consistait à posseder le temps ?





