
Jour de ressac
2024
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Maylis de Kerangal
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Summary
"Finalement, il vous dit quelque chose, notre homme ? Nous arrivions à hauteur de Gonfreville-l’Orcher, la raffinerie sortait de terre, indéchiffrable et nébuleuse, façon Gotham City, une autre ville derrière la ville, j’ai baissé ma vitre et inhalé longuement, le nez orienté vers les tours de distillation, vers ce Meccano démentiel. L’étrange puanteur s’engouffrait dans la voiture, mélange d’hydrocarbures, de sel et de poudre. Il m’a intimé de refermer, avant de m’interroger de nouveau, pourquoi avais-je finalement demandé à voir le corps ? C’est que vous y avez repensé, c’est que quelque chose a dû vous revenir. Oui, j’y avais repensé. Qu’est-ce qu’il s’imaginait. Je n’avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d’une ville, d’un premier amour, la forme d’un porte-conteneurs."
Avis et Commentaires
18 avisRecommandé par chantal barbet-massin
À l’ occasion d’ une enquête policière, retour de la narratrice dans sa ville natale du Havre , et les souvenirs affluent Qui est ce cadavre, au Havre, que la narratrice est censée reconnaître ? Une enquête existentielle sur fond de déambulations portuaires… Pour la narratrice presque quinquagénaire et parisienne de Jour de ressac, la ville du Havre, à laquelle pourtant elle ne pense guère, est plus qu’un souvenir – elle est comme « tapie dans un arrière-monde, tel un palais dans le brouillard ». Un palais de béton gris, matériau choisi pour reconstruire dans les années d’après-guerre la cité portuaire détruite par les bombardements. « Je grandis dans une ville qui ne ressemble pas aux autres », se souvient-elle au présent, tandis qu’un imprévu vient de la ramener dans ces rues où elle n’avait plus mis les pieds depuis la fin de l’adolescence : un homme non identifié, retrouvé mort sur la digue nord, avec, dans la poche, son numéro de téléphone à elle noté sur un papier. « Non, jamais vu ce type », dit-elle au policier havrais qui l’a convoquée, taisant sa légère hésitation devant les photos de l’inconnu : « Quelque chose me retenait d’être définitive : je me souvenais avoir lu dans la presse que parmi les proches des victimes du 13 novembre certains n’avaient pas toujours su reconnaître leur enfant, leur femme, leur ami, leur sœur […] Comme si le premier ouvrage de la mort, purgeant la face de toute expression animée, était de mettre à mal le visage humain, de le réduire à un massif de muscles, de nerfs et d’os… » La ville s’impose rapidement comme l’interlocutrice principale de la narratrice dont l’existence et les occupations (un mari, une fille, un métier de doubleuse pour le cinéma…) sont comme mises à l’écart, marginalisées, au profit de ce retour vers le territoire de la mémoire ravivé par ses déambulations urbaines et portuaires – comme si se ranimaient, dans le présent, des « cellules dormantes » du passé qu’on croyait éteintes. Se déployant sur fond de trafics interlopes et parsemé d’échos aux violences d’hier et d’aujourd’hui, si ce méditatif et entêtant Jour de ressac est une enquête, un roman noir, sa résolution est avant tout sensuelle et existentielle.
Très bien écrit agréable à lire histoire pretexte
Magnifique écriture qui transcende les souvenirs d'une femme et d'une ville très présente.
Une homme est retrouvé mort au port du Havre avec dans sa poche le numéro de téléphone d'une femme qui ne semble pas le connaître. C'est bien écrit au début et puis ça devient verbeux et redondant et on comprend qu'on ne saura rien. Et c'est très décevant. Un roman un peu "flemmard"
Très bien écrit Ce n’est pas un polar mais on reste en haleine Très bon ressenti





