
La Chute
1971
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Albert Camus
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Summary
"Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation. [...] J'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau. Je m'arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement."
Avis et Commentaires
79 avisLe roman prend la forme d’un long monologue de Jean Baptiste Clamence, ancien avocat parisien réputé pour sa vertu, qui se confesse à un inconnu dans les bars d’Amsterdam. Il se présente comme un “juge pénitent”, révélant peu à peu l’hypocrisie de sa vie passée. Clamence raconte sa chute morale, déclenchée par son indifférent silence face au suicide d’une femme qu’il aurait pu sauver. Ce moment fissure l’image idéalisée qu’il avait de lui même et fait émerger un profond sentiment de culpabilité. Le récit devient une critique radicale de la morale et de la bonne conscience. Clamence montre comment l’homme se proclame juste pour mieux dominer les autres, et comment la confession sert à accuser autrui sous couvert d’aveu. La Chute est une méditation sombre sur la culpabilité, le jugement et l’impossibilité de l’innocence, dans un monde privé de repères absolus.
Livre très curieux. Surtout après avoir lu l'étranger et la peste.
« Etre roi de ses humeurs, c'est le privilège des grands animaux. » « Quand on n'a pas de caractère, il faut bien se donner une méthode. » « Je n'ai jamais eu besoin d'apprendre à vivre. Sur ce point, je savais déjà tout en naissant. Il y a des gens dont le problème est de s'abriter des hommes, ou du moins de s'arranger d'eux. Pour moi, l'arrangement était fait. Familier quand il le fallait, silencieux si nécessaire, capable de désinvolture autant que de gravité, j'étais de plain-pied. » « Après tout, j'en sais d'autres qui ont les apparences pour eux, et qui n'en sont pas plus constants ni sincères. » « A force de n'être pas romantique, je donnais un solide aliment au romanesque. Nos amies, en effet, ont ceci de commun avec Bonaparte qu'elles pensent toujours réussir là où tout le monde a échoué. » « Les martyrs, cher ami, doivent choisir d’être oubliés, raillés ou utilisés. Quant à être compris, jamais. » « Voyez-vous, une personne de mon entourage divisait les êtres en trois catégories : ceux qui préfèrent n'avoir rien à cacher plutôt que d'être obligés de mentir, ceux qui préfèrent mentir plutôt que de n'avoir rien à cacher, et ceux enfin qui aiment en même temps le mensonge et le secret. » « La mort est solitaire tandis que la servitude est collective »
Sympa mais heureusement qu'il est court
Monologue de Clamence, avocat qui s’est marginalisé. Le bien le mal, la difficulté de juger, la faute les remords… un récit cynique sur l’âme humaine
Monologue dans lequel je ne suis pas rentré





